Musée Colonial Ogier-Fombrun, éditorial

                                             

                                               EDITORIAL

Au mois de mars de l’ année 1997 nous étions heureux de mettre à la disposition du grand public le

MUSÉE COLONIAL OGIER-FOMBRUN.

Après mûres réflexions, ayant eu le choix entre divers autres   appellations valables  venues  de divers parents et amis, nous nous sommes arrêtés au nom de

MOULIN   SUR   MER

Nous croyons cette appellation suffisamment suggestive afin d’ attirer l’ attention des visiteurs , puisqu’il s’est agit d’un Musée à caractère touristique, situé en bordure de Mer, l’une des conditions indispensables lorsque l’ on parle Tourisme.

Qui ne connait le populaire adage dite des 3 S : Sun, Sand , Sea.   Ayant convenu , avec mes associés qui sont mon Epouse Nicole  mes trois princesses   Mireille , Dominique, Régine et mes deux   barons Charles-Edouard et Jerry de faire de ce vaste domaine colonial un lieu de rencontre à caractère instructif et touristique, nous nous sommes adressés à Monsieur Michel Doret , Professeur bien connu en Philosophie et Auteur de l’ouvrage The History   of the Architecture of Ayiti .

Dans une préface écrite de main de Maitre Monsieur Doret écrit :

La perpétuation de la tradition dans son originalité et son unicité, en tant que référence culturelle, se situe indiscutablement au coeur de l’ existence de cette institution incontournable qu’ est le Musée. De nos jours plus que jamais s’affirme indispensable   et primordial son rôle. Ne faut-il pas , en effet, dans la mouvance économique et les contraintes socio-politiques, conscientiser la jeunesse, espoir du future, lui inculquer la connaissance des sources nationales, la forger dans la transmission de l’ héritage du Passé ?

Certains insistent pourtant qu’on peut compter sur les dix doigts le nombre des Musées en existence dans le panorama national actuel. N’ est-elle pas surprenante , une telle rareté alors que la richesse   de l’histoire coloniale aurait sans nul doute permis d’augurer du contraire ?

Moulin Sur Mer, autrefois Habitation Guillaume Ogier, dans cette optique , affirment-ils, remplit un vide en occupant une place privilégiée en tant que référence culturelle importante que   des points de vue référentiels que culturel. Son témoignage, soulignent-ils, illustre d’une manière   heureuse celui des manuels d’ histoire courants.

Aussi ce livre- guide servira-t-il fort bien de repère, notamment au cours des visites de groupes et d’ écoles en quête   d’une idée de l’histoire dans l’ exploration des quatre tableaux qui s’efforcent, entre autres, de visualiser nos antécédents nationaux depuis 1492 jusqu’ à 1804 à travers l’ époque précolombienne , l’Histoire de la Rencontre des Deux   Mondes, la Saint Domingue du temps des Iles à Sucre, jusqu’au sacre de la République martyre.

L’agrément de la visite est rehaussée de l’apport d’un fond sonore qui permet de mieux saisir divers aspects de la présentation, tels la reconstitution de la demeure d’un Colon   et le contexte domestique de l’ époque,. A travers les témoignages d’un bâtiment authentiquement historique et celui d’une agglomération peu courante de meubles et d’ objets rares,  de meubles et objets d’époque qui lui vaudront peur être un jour de conquérir   le statut “ d’utilité publique “, le Musée Ogier-Fombrun, dans le contexte caribéen, occupe une place de choix   au sein du complexe hôtelier qu’ est Moulin Sur Mer.

L’ idée de la transformation de l’ ancienne plantation Ogier en un Musée , par son originalité , fouette l’imagination du visiteur et du curieux , rendant presque tactile l’ évocation d’une époque révolue :  Vieux canons, vieux fusils, vieux sabres ,objets typiques, drapeaux, tableaux multicolores, documents autant de souvenirs anciens, parfois anodins, souvent disparâtes qui, finissent pourtant par composer un tout composite unique , amalgame d’ un vrai parfum d’époque.

L’art vient ainsi à la rescousse de l’imagination pour animer et colorer une vérité méconnue autrement, parfois voir même controversable. Imagination chaleureuse, trempée dans le beau et chaud Soleil des tropiques   marqués par les gouts artistiques et l’imagination de l’ Architecte Fombrun . D’où, Musée original dans son contexte et sa réalisation , qui se situe dans   le lignée du Musée traditionnel sans pourtant se confiner à ses limitations.

Fil d’Ariane du chercheur, porte ouverte à l’imagination du spécialiste, il se révèle une vraie source d’inspiration qui fait honneur au talent et aux efforts déployés par son créateur, l’Architecte – Promoteur   haïtien, Gérard Fombrun déjà bien connu dans le monde de la construction par ses réalisations architecturales   des quarante dernières années..

J’ai remercié mon ami Michel et l’ai félicité pour le brio qui se dégage de cette brillante présentation faite   près un peu plus de 20 ans.

L’ éminent Professeur me suggéra fortement de participer au document devant présenter le nouveau né qu’ était le Musée colonial , d’ en écrire la Préface, je me suis courbé à sa suggestion. Pour ce faire voici l’ article que nous avons désigné du vocable suggestif de Présentation.

 

 

              /.              PRESENTATION

Nous nous étant assignés pendant plus de vingt ans la pieuse et laboreuse tâche de rassembler les documents et objets d’ époque attachés la période coloniale de l’ histoire de notre Pays que le hazard a bien voulu nous confier ,

“le Hasard, disons nous , cette forme que prend Dieu afin de ne pas être reconnu  par nous , , selon Jacques Bossuet Prélat bien connu du xvii éme Siècle il nous a semblé tout naturel et covenable de les mettre en evidence dans un ordre chronologique rigoureux les vastes espaces de l’ Habitation Coloniale Guillaume Ogier , ruines colonials datant du XVIII ème Siècle, restaurée par nos propres soins dès l’ année 1977, faisant partie intégrante du complexe touristique Moulin Sur Mer.

Ainsi donc naquit le Musée Colonial   Ogier – Fombrun que nous avons été heureux de mettre au service de la collectivité haitienne   dans le courant du mois de octobre 1993. Soient près de 20 années d’ efforts continus; qu’il pleuve, qu’il tonne.

Les bouleversements socio-politiques de l’ époque difficile vécue par ceux de notre génération , ne nous ont pas permi de d’ en procéder à l’inaugaration officielle. Sans tambour ni trompette, nous avons donc ouvert nos portes au grand public . L’ enthousiasme qui s’ en est suivi à été la grande   et juste recompense de voir nos efforts couronnés de succès.

De cette date à aujourd’ hui, plusieurs dizaines de miliers de visiteurs, écoliers, universitaires, historiens, touriste locaux et étrangers ont cheminé à travers le Musée en route vers le rives du passé, selon la belle image de notre Historien, Placide David.

Cet acceuil, signe eloquent de la raison de la raison d’ être de l’ oeuvre réalisée nous encourage à aller de l’ avant . Ainsi, nous continuons l’ acquisition incessante de documents et objets à caractère historique . C’ est pour répondre aux désirs répétés et insistants de ces visiteurs, chaque jour plus nombreux qu’ avec l’ assistance de Promo Design de notre jeune et talentueux Artiste Raphael C. Paquin pour la maquette et de Michel Gardère pour les photos , nous avons mis en plaquette le texte de cheminement à travers le Musée et illustré certains objets attachés aux quatre époques de notre histoire coloniale.

L’ espace disponible et quelques considérations d’ ordre technique ne nous ont permis d’ exposer la totalité de notre belle collection.

Ces vieux murs authentiquement historiques et cette grande roue, laquelle il y a deux cents ans assurait la roulaison du Moulin à l’ Habitation Guillaume Ogier ajoutent au pathétisme de notre histoire nationale. Du Paradis indien à l’ époque que nous vivons actuellement , l’Histoire de notre Pays est un suite de drames, une descente aux enfers, pourrait-on dire, que nous avons essayé de mettre en évidence. Ce Musée, illustre les actions néfastes, les agissements malhonnêtes de forces extérieures qui, de l’ origine de notre histoire à ce jour, ont été des éléments perturbateurs, déstabilisateurs, responsables pour beaucoup de cette extraordinaire concentration de l’infortune sur un si petit territoire ( Ref: Alix Mathon : Haiti, un cas  

Ce cheminement nous permet de réaliser le calvaire enduré à travers le temps par les diverses sociétés qui ont occupé le paysage de cette terre découverte par les espagnols en 1492, et que la France nous remettait en lambeau en l’ an 1804.

L’ histoire de l’ Orpheline de la Caraibe   crucifiée de 1492 à 1804 y est illustrée d’une façon poignante par un texte commenté soit en   français, en espagnol ou même en créole qui aide à comprendre notre histoire de peuple avec des larmes et s’ écoute avec des sentiments d’ angoisse et de révolte. Les moments de grandeur vécus Durant l’ épopée qui a conduit à 1894 font de notre pays une Nation pathétique . D’avoir pu éveiller ces sentiments patriotiques mêlés d’ amertume et de grandeur est notre satisfaction intime . Notre but premier en procédant à la restauration de ces ruines et en y installant le Musée Colonial Ogier- Fombrun a été de participer à la préservation du Patrimoine Nationale et d’ entretenir chez nos compatriotes des sentiments nationaux et pathétiques en ces moments troubles durant lesquels la Nation a   besoin de ses fils.

Un gros merci aux généreux donateurs qui ont bien voulu nous aider dans cette tâche.

Faire un rêve, vivre ce rêve et le réaliser… Une mention particulière pour Celle qui, faisant sienne mes visions bien souvent mirobolantes, m’a aidé sans désemparer à les concrétiser: j’ ai cité mon Epouse Nicole. J’ étendrai mes remerciements à ma fille Dominique, laquelle diplômée dans cette science nouvelle qu’est le Tourisme nous a consacré un bon moment de son temps à parfaire notre oeuvre. Ces remerciements vont aussi à Mireille, la talentueuse Artiste dont les sculptures ornent nos différents lacs ainsi qu’ aux Architectes Charles-Edouard et Jerry Fombrun qui n’ont pas lésinés dans le grand support qu’ils ont bien voulu nous apporter. Sans leur généreux apport,   cette oeuvre, fruit de patience et de savoir ne se serait peut-être pas réalisée. Bravo !

 

                                   QUI EST GUILLAUME OGIER ?

Grace aux archives de France ici partiellement exposées ,nous savons que Guillaume Ogier que Guillaume a vécu sur sa propriété à Montrouis de 1760 à 1799, soient bien trente neuf années, . Une copie de son acte de mariage informe qu’il s’est marié ã Port-a-Prince le 18 Août 1768.

Il est mort à Saint- Marc Durant une échauffourée contre les nègres marrons en 1799. Son habitation couvrait 105 carreaux   de terre plantées de canne à sucre et comportait un installation sucrière d’ importance. L’indemnité payée à ses héritiers sous la présidence de Jean-Pierre Boyer, en l’ an 1827 monte à 50.300 francs or.

L’Architecte Gérard Fombrun en fit l’ acquisition en l’ an 1977 et entrepris de suite les travaux de réparation. La soirée inaugurale des ruines “ressuscitées”   eût lieu le 4 novembre 1982 avec le parrainage de Monsieur Jean Fouchard , Historien de l’ époque coloniale et avec l’ assistance du Groupe Harmonie I

Voici la chronologie des dates principales de cette genèse.

Nuit du 5 décembre 1492, débarquement de Christophe Colomb . La population indienne ( Tainos et Arawaks ) estimée selon les uns à un million, selon les autres à trois millions vit de de la pêche, de l’ agriculture, et de la cueillette.

1520-1503– Eradication des dernières résistances indiennes.- Arrivée des premiers noirs venant d’ Afrique

1516- L’Empereur Charles- Quint autorise la Traite des noirs.

1625- Les premiers flibustiers et boucaniers français établissent dans l’ile de la Tortue , au Nord de Haiti. Peu à peu, les espagnols abandonnent Haiti pour Cuba, le Mexique , le Pérou, et plus tard l’Argentine et le Chili.

1685- Louis XIV , Roi de France promulgue le Code Noir, charte colonial qui veut régler les relations entre maitres et esclaves. Le Code noire prévoit , par exemple “l’ esclave qui aura été en fuite pendant un mois, aura les   Oreilles coupées et sera marqué d’une fleur de lys sur une épaule. S’il récidive , il aura le jarret coupé et sera marqué d’une fleur de lys sur l’ autre épaule. La troisième fois, il sera puni de mort.           

1697-Traité de Ryswick: L’ Espagne cède à la France le 1/3 occidental de l’ Ile.

1791 (14 août) Insurrection générale des esclaves . A la fin du mois de septembre, on dénombrera plus de 1000 citoyens égorgés, 161 sucreries et 1200 caféières incendiées, plus de 600 millions de livres de dégâts.

1691-1803 : Batailles de Vertières. Le Général Rochambeau qui succéda à Leclerc emporté par la fièvre jaune, est bouté à la mer par les insurgés

16 mai 1803: Congrès de l’ Arcahaie. Création du Drapeau haitien : rouge et   bleu, ( Suppression du blanc,   couleur du Roi de France )

1er janvier 1804 : Proclamation de l’indépendance d’ Haiti, dans la ville des Gonaives . Reprise par Dessalines du nom Taino de Haiti.

 

Le Musée Ogier-Fombrun fait la genèse de la Nation haitienne de

1492 à 1804.

Le problème colonial en est la base. Comme l’ a écrit Aimé Césaire: Saint Domingue est le premier pays des temps modernes où s’ est noué et dénoué le problème colonial. La transformation de l’ esclave en habitant libre a été une longue suite de drames que nous allons évoquer brièvement dans notre cheminement à travers le Musée selon quatre étapes bien distinctes :

1- Les Awawaks, ou ´” l’Ayti des indiens” dont parle Madame Odette Roy Fombrun

2- Hispaniola (1492-1697) tel qu’ en parle Jacques Attali dans son livre 1492 ou la Rencontre des 2 Mondes’

3- Saint Domingue ( 1697-1804 ), décrit par Jacques Cauna dans son livre ; Aux Temps des “ Iles a sucre.”

4-La Période révolutionnaire dont parle Jean Métulus dans “ Haiti Nation pathétique

 

                             LES AWAWAKS ( avant 1492 ).

C’ était fête au village où fleurissait la cadence des crécelles et des tambourins. La vie s’ écoulait ainsi au milieu d’une nature vierge empilée de parfums et de chants d’ oiseaux. Et les jours succédaient paisiblement aux jours . Mais les Bovites l’ avaient prédit : Après ma mort viendront dans le pays des hommes pales et méchants. Ils vous   feront mourir de faim, de misère et de tortures…

Ces présages se confirment quand , de l’ horizon débarquent d’immenses canots . Ainsi commencera l’ aventure de l’ Amiral qui, en même temps portait les chaines et la Croix . C’était en 1492. Sur la terre d’ Aiyti , le peuple Indien lança son premier cris de liberté

                                               AYA BOMBÉ !

Cette lutte inégale des flèches contre les mousquets acheva ceux qui n’ avaient pas laissé leurs vies au fond des mines d’ or.

Que reste-t-il de cette civilisation arawak en Haiti ? Des noms de villes tels que Gonaives, Aquin . Des noms d’objets tels que lambi, coui, hamac. On reconnait des éléments culturels indiens dans les pirogues, les hamacs, le tissage, la sculpture sur bois, la cassave, les vèvès, le carnaval et plus particulièrement dans l’ habitat rural avec son toit de chaume et ses parois clissées.

                                  

HISPANIOLA ( 1492-1697)

                                  La Rencontre des Deux Mondes

Suite à la perte de la Santa Maria et à la destruction de la Navidad par les indiens, les relations s’ enveniment avec les indiens réduits à l’ esclavage, périssent dans l’ exploitation des mines d’or. Dès 1517, on note l’arrivée de 4000 noirs amenés d’ Afrique pour les remplacer,   sous la recommandation de Bartolomé de Las Casas (1474-1566)  de l’ordre des dominicains qui défend les indiens contre l’ oppression brutale   des conquérants espagnols .Les mines d’ or épuisées, les espagnols sont attires par d’ autres terres plus riches : Le Pérou, le Mexique.

   Arrivent l’époque des boucaniers et des flibustiers dont les exploits marqueront le XVII siècle. C’est aussi l’ origine   du partage de l’ile d’ Ayiti en deux cultures, l’une espagnole, l’ autre française rompant l’ unité culturelle de l’ l’ ile.

Les boucaniers installés sur les côtes de la basse terre deviennent les habitants , pionniers de l’ oeuvre colonisatrice des colons français . Il s’ adonnent au commerce de la viande , et des peaux d’ animaux. avant de devenir des cultivateurs, producteurs de de coton, de café d’indigo et de canne à sucre. Les flibustiers, écumeurs des mers, jettent la panique dans la Caraïbe   dont ils pillent les villes côtières . Boucaniers et flibustiers s’ entraident et forment la grande famille des Frères de la côte.

Voici donc Ayiti devenue francophone dans un contexte   anglo-

Saxon.           

 

                               SAINT DOMINGUE (1697-1804)

                               AUX TEMPS DES ILES A SUCRE

En 1697, le Traité de Ryswick cède à la France, la partie occidentale de l’ile qui devient Saint Domingue. La révolution de la canne à sucre u amène la prospérité, rendue possible par l’utilisation de populations venues d’ Afrique soumises à l’ esclavage. En 1791, le Serment du Bois- Caiman avec Boukman pour chef donne le signal de la révolte. Toussaint Louverture rétablit l’ ordre, la prospérité et l’ autorité de la France. Cependant la Constitution de 1801 amène sa   perte. Bonaparte met en branle l’expédition Leclerc qui arrive à Saint-Domingue le 29 janvier 1802. Voici commence les batailles épiques qui feront de   Haiti une Nation pathétique.  

 

                     LA PÉRIODE RÉVOLUTIONNAIRE ( 1791 – 1804 )

COUPEZ TET BOULÉ KAY

L’ ordre du Général en chef est suivie à la lettre . Tandis que Toussaint est déporté au Fort de Joux , Dessalines, Pétion, Clervaux, Capois, Geffrard , et beaucoup d’ autres prennent la relève . Et à la suite du combat de la Crête à Pierrot , de la Ravine à

Couleuvre , de la Bûtte- Charrier et enfin de Vertières, c’ est la Victoire !.

Après cet historique exploit , c’ est la citation du   Bicolore, le retour au nom indien de Ayiti, l’ Adieu à Saint Domingue.

               Les ailes de la gloire et de la liberté t’ emportent

               Montent dans le ciel azuré vers les cimes élevées

                                         Où veillent les aieux!

               Tu y verras l’ Indien , l’ ancêtre de ces lieux.

               Debout , lui diras-tu, le couvrant de tes plis.

               Je suis le Bicolore   vengeur et pacificateur.

               Hispaniola n’ est plus, Saint Domingue a vécu .

               Debout Caciques et Butios pour l’ultime Arietos!

               Et vous venus d’ Afrique de combats aguerris

                                      Et de gloire recouverts,

               Unis dans le destin d’une même Patrie,

               Tous debouts, coude à coude soudés

               Crions à l’univers des peuples étonnés

                       L’ Adieu à Saint Domingue !                                 

                                                            Gérard juin 1993

 

 

                             L’ ADIEU A SAINT DOMINGUE

                        En l’an 1804 aux caciquats d’ antan

                         D’ où l’indien et le nègre avait brouté le blanc

                         Où les Dieux tutélaires aux confins des bastions

                         Portant le bicolore fondaient une Nation.

 

                        En ce premier janvier de fête et de victoire

                       Où finissait la lutte et commençait l’ espoir

                       Et que la liberté inscrivait dans le sang

                       Le nom de Ayiti sur l’ emblème naissant.

 

                         Les échos endeuillés des luttes meurtrières,

                         Les échos angoissés des temples en prière,

                       Les échos triomphants des combats victorieux

                       Tous ces échos en gerbes   ont percuté les cieux.

 

                         Enfer de nos douleurs, ô Saint Domingue adieu !

                         Emporte avec ton nom les souvenirs odieux

                          Du sang de nos enfants rougissant les rivières,

                           Des cachots et des fers témoignant nos misères

                         Pays du colon blanc. Ô Saint-Domingue adieu!

                         Ayiti fût le nom confié à nos Aieux

                           Tainos et Arawaks par lui anéantis.

                             Adieu! ô Saint Domingue, redeviens Ayiti

 

 

                           LES   CACIQUES   L’ ORDONNENT !  

 

                              PROCLAMATION DE L’INDÉPENDANCE

Victimes pendant quatorze ans de notre crédulité et de notre indulgence , vaincus, non par les armées françaises, mais par la piteuse éloquence des proclamations de leurs agents; quand nous lasserons nous de respire le même air qu’eux ? Sa cruauté compare à notre patiente modération; sa couleur à la nôtre ; l’ étendue des mers qui nous séparent, notre climat vengeur,   nous disent assez qu ‘ils ne le deviendront jamais   et que, s’ils trouvent un asile parmi nous, ils seront encore les machinateurs de nos troubles et de nos divisions.

Sachez que vous n’ avez rien fait si vous ne donnez aux nations un exemple terrible, mais juste, de la vengeance que doit exercer   un people fier d’ avoir recouvré sa liberté , et jaloux de ; effrayons tous ceux qui oseraient tenter de nous la ravir encore; commençons par les français …Qu’Is frémissent en abordant nos côtes, sinon   par le souvenir des cruautés qu’ils ont exercées, au moins par la résolution terrible que nous allons prendre de dévouer à la mort quiconque, né français , souillerait de son pied sacrilège le territoire de la   liberté!

Paix à nos voisins ! Mais anathème au nom français !

Jurons à l’univers entier, à la postérité, à nous mêmes, de renoncer à jamais à la France, et de mourir plutôt que de vivre sous sa domination ; de combattre jusqu’ au dernier soupir pour l’ Indépendance de notre Pays.

 

Fait suite à cette proclamation peu connue de notre jeunesse estudiantine . l’ Acte de l’ Indépendance que   nous reproduisons   a- fin de la mieux faire connaitre de nos compatriotes.

 

                                   ACTE DE L’ INDÉPENDANCE

                                   LIBERTÉ OU LA MORT

Armée Indigène,

Aujourd’ hui premier janvier mille huit cent quatre , le Général en chef de l’ Armée indigène , accompagné des Généraux , Chefs de l’ armée, convoqués   à l’ effet de prendre les mesures qui doivent tendre au bonheur du pays,

Après avoir fait connaitre aux généraux assemblés   ses véritables intentions d’ assurer à jamais aux indigènes d’ Haiti un gouvernement stable, objet de sa plus vive sollicitude, et qu’íl a fait par un discours   qui tend   à faire connaitre aux puissances étrangères la résolution de rendre le Pays indépendant   et de jouir  .