Adieu Fanmis, Adieu Zanmis

Adieu Fanmis, Adieu Zanmis

 Voici venir le temps de l’ultime Arieto et du dernier Tango.

Dans l’élan élégant d’un doigt pointant le firmament,

Sur la pointe des pieds tirons la révérence.

Dans le menuet et la cadence des dièses et des bémoles

D’un pas de deux dansons la farendole folle,

D’un air pianissimo

Chantons dans la splendeur crépusculaire…

J’ai butiné à satiété les rosiers de l’Amour…

J’ai bu jusqu’à la lie l’élixir du Bonheur…

Mon cerf-volant ailé, Vonvon ensorceleur

À dominé la terre.

J’ai vu tout l’univers.

Enfant choyé des dieux, gavé de leurs faveurs

Pourquoi m’attarderais-je lorsque descend le soir

Couvrant de son linceul le soleil qui se meurt?

Saltimbanque faucheuse, je n’ai point peur de toi.

Où donc est la victoire quand je m’en vais à toi

Le coeur tranquille et coi?

Merci en pile à toi, âme de mon âme

Cache moi dans tes plis pour me parer des flèches de l’oubli.

Merci à mes Enfants qui ont accompagné de respect

Ma couronne blanchie par le poids du harnais

Merci à mes Amis qui ont bêché joyeux

Le jardin de mes rêves et de mes illusions.

Merci à toi Maître immatériel

Qui m’a comblé de vertus et de biens matériels…

Oui nous nous reverrons, ce n’est qu’un au-revoir.

Pas de pleurs mais des fleurs

Des roses en pétales pour tapisser la voie.

Adieu Fanmis, Adieu Zanmis.

Gérard

21 janvier 1927 – 1 février 2015