Espagnols, chefs de bande, militaires Indigènes
Article Numéro 4.36 Adultes et universitaires
Soumis par: MOF
Date: 16/12/2013
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Source: Thomas Madiou, Histoire d’Haïti,TomeII. Imprimerie Deschamps, Port-au-Prince, Haïti, 1989

La France étant en guerre avec l’Espagne, chefs de bande autant que chefs indigènes de troupes coloniales françaises eurent des rapports avec l’Espagne entre 1791 à 1801, pour des raisons diverses . 

Dans la nuit du 22 aout 1791, Candy, sous-lieutenant de Jeannot et homme de couleur, prit les armes dans la région de Ouanaminthe à la tête d’un nombre d’hommes de couleur, la plupart condamnés par contumace depuis l’affaire Ogé. C’était l’époque où les espagnols qui n’avaient pu empêcher à la révolte d’éclater à St-Domingue semaient  des idées susceptibles d’exciter les libres et esclaves contre la révolution française amis en faveur de l’égalité de tous. Plus tard, ce même cruel Candy devra se soumettre à Jean François, un chef de bande pro-espagnol,  après une bataille menée à Vallière en 1794.  Il avait préalablement  envahi Ouanaminthe et agi en anarchiste, puis abandonné le parti de Jn-François pour rallier ensuite le général Blanc Pageot qui allait succomber sous les coups de milliers de noirs.

En 1793, un français, Galbaud,  insatisfait de la révolution française  de 1789 se mit aussi à la traine de l’Espagne.  Durant cette même année, la convention déclara la guerre à presque toutes les puissances de l’Europe: à l’Allemagne, la Prusse, la Hollande, l’Angleterre, l’Espagne et la Sardaigne.   Jean-François et Biassou arborèrent alors officiellement le drapeau espagnol.  Le gouverneur espagnol d’alors promettait de grandes faveurs aux colons et libres pour leur soumission à l’Espagne.  Il menaçait de raser leurs maisons et de confisquer les biens de ceux lui résistant.

Le 21 juin 1793, Pierrot, chef de bandes fut lancé contre Galbaud.  Makaya fut aussi envoyé, à l’époque,  comme émissaire auprès de Jn François et Biassou.  Nully, officier de la 24e passa aux espagnols.  Il en fut de même de Lafeuillé qui livra Ouanaminthe à 10.000 soldats espagnols et des guerriers de la bande Jn-François.  Le Dondon, Marmelade et Plaisance tombèrent également  aux mains des Espagnols. Après,  Chanlatte reprit Ennery tombée aux mains des Espagnols.  Toussaint fut alors emprisonné à Vallière par Jn François.  Biassou l’en délivra.  Puis, Jn-François et Biassou tentèrent de prendre le Cap en août 1793.  Les chefs de bande Pierre Michel, Paul Lafrance, Barthelemy et Zéphirin, pro-français dans le Nord, ripostèrent.  Blanc Casenave, homme de couleur au service du Roi d’Espagne, était colonel d’un régiment de l’Artibonite qu’il dénommait Congos tout nus.  Ses tentatives de gains territoriaux furent repoussées par Lully, homme de couleur pro-français, stationné dans cette zone.  La ville de St-Marc cependant sollicita le protectorat espagnol en novembre 1793, ce qui entraina l’entrée en rade d’un bateau anglais.  Jean Delaire, homme de couleur, livra simultanément Jean-Rabel aux Espagnols.  On vit la plupart des anciens libres livrer leurs villes à Toussaint pour les Espagnols: Gros Morne, Terre Neuve, Plaisance, l’Acul, le Limbé, Port Margot.

Une querelle éclata entre Jn-François et Biassou.  Le premier refusa de secourir le second pendant l’attaque du Fort la Tannerie dans le Nord, le 18 janvier 1794.  Peu de temps après, Jn-François fut battu sur les hauteurs de la Grande Rivière du Nord et du se retrancher au Fort Dauphin.  De son côté, toujours en janvier 1794, Candy défendant Fort Liberté fut encerclé par les espagnols et forcé de leur céder cette ville.  Il fut déporté au Mexique d’où il se sauvera en 1797 pour revenir à Saint-Domingue et est aussi expulsé par le commissaire français, Sonthonax.  Toussaint arbora alors le drapeau français et ordonna à Blanc Casenave, de se rallier aussi à la France, d’aller au point de l’Ester lutter contre les troupes espagnoles.  Elles prirent la fuite.  Toussaint se rendit ensuite à Port-de-Paix.  Le gouverneur Laveaux l’y reçut avec la plus grand distinction et le nomma général de bridage.  Il avait 5.000 hommes et sauva la cause française militaire alors désespérée et la rehaussa par la proclamation de la liberté générale des esclaves, officialisée en France le 4 février 1794.  Toussaint avait bien compris que l’Espagne voulait l’esclavage et que les agissements de Jn-Francois et Biassou étaient peu honorables. D’anciens émigrés royalistes français revinrent alors à St-Domingue pour attaquer les colons anti-esclavagistes dans la colonie avec l’aide de Jn-Francois.  Les espagnols méfiants d’eux les égorgèrent. Soldats français et troupes indigènes marchèrent alors contre Gros Morne, La Chapelle, Port Margot, Petite Rivière, le Borgne, Plaisance, Marmelade, Dondon, Limonade, Terre Neuve, l’Ester, Verrettes, Bellanger où ils hissèrent le drapeau tricolore.  Jn-François essaya alors de corrompre des officiers noirs proches de Toussaint en leur offrant 8000 francs (200 portugaises).  Blanc Casenave en avertit Toussaint.  Laveaux tenta alors de regagner Jn-Francois à la cause française, il refusa en faisant écrire sa réponse négative  par un émigré français royaliste.   Alors, Laveaux ordonna à Toussaint de marcher contre les bourgs St Raphael et St Michel qui furent gagnés après de gros efforts.

De son côté, à la même époque, Vilatte tentait de chasser les anglais du Cap et de repousser les assauts espagnols.  Ces puissances lui offraient cependant des sommes importantes qu’il refusa.

Le 5 mai 1794, Laveaux invita officiellement Toussaint à rejoindre le camp des Français.  Le 25 juin de la même année, Toussaint et sa troupe attaqua d’abord des troupes françaises à la Petite Rivière, au Dondon et à Gros Morne, puis se retourna contre des troupes espagnoles et les écrasa.  Le 6 mai 1794, une garnison de soldats espagnols était dans le Haut Artibonite.  Toussaint après avoir communiqué avec Laveaux, se rendit à Marmelade, et dirigeant un régiment de noirs sous la bannière de la France, vainquit la garnison espagnole qui avait des bases à Limbé, Gros Morne et Plaisance.

Le 6 septembre 1794, les mulâtres de Montrouis et St Marc, alors rangés sous pavillon anglais, délaissèrent ces derniers après l’entrée de Toussaint à St-Marc,  le 6 septembre 1794.  Les Anglais reprirent la ville et fusillèrent nombre de blancs et mulâtres.  Lapointe se désolidarisa alors des Anglais et alla les trahir a l’Arcahaie où ils préparaient un coup pour les colons.   Les anglais à St-marc et les Espagnols à Mirebalais tentèrent de reprendre des positions.  Toussaint se porta à Hinche et battit les espagnols.

En décembre, les chefs militaires indigènes rangés sous l’armée coloniale française et le commandement de Toussaint reprirent Limonade, Grande Rivière du Nord et en chassèrent Anglais et Espagnols. Le premier janvier 1795, les indigènes gagnèrent encore des batailles. Toussaint jalousa Blanc Casenave qui fut emprisonné et mourut  subitement de colère.  Toussaint devint alors le seul maître des troupes coloniales indigènes.

Vers 1798, Jean-François, insurgé de Saint-Domingue rechercha  à nouveau l’assistance des Espagnols et de la partie de l’Est pour combattre les Français  à Saint-Domingue.  Il trouva le support des espagnols pour combattre des indigènes, mulâtres et noir ralliés sous pavillon français à Saint-Domingue, d’abord  dans la maréchaussée puis dans l’Armée Coloniale.

Le 8 janvier 1801, une armée de 4.500 hommes de Paul Louverture, accompagné de son frère Dominique Toussaint, gouverneur général de St-Domingue,  rentra dans la ville de Santo Domingo.  Le 21 janvier 1801,  Don Joaquin, gouverneur espagnol de la partie de l’Est capitula.  Le même 22 janvier,  après la défaite de Joaquin, Chanlatte, représentant français en ce lieu, fut embarqué de Santo Domingo vers le Venezuela.  Le 26 janvier 1801, Toussaint reçut les clés de Santo Domingo et y abolit l’esclavage.  Le 22 mars 1801, Toussaint  rassembla un groupe d’hommes instruits qui comprenait 6 saint-domingois et 4 représentants de la partie de l’Est de l’île pour préparer une constitution pour l’île.  Le 8 mai 1801, cette Assemblée présenta à Toussaint la première constitution de l’île.  Les distinctions de couleur y étaient  abolies et Toussaint avait les pouvoirs à vie avec droit de nommer son successeur.  S’en suivit, d’abord le 8 novembre 1801, une proclamation de Bonaparte demandant aux habitants de St Domingue de se rallier autour de Leclerc et non autour de Toussaint et  les assurant que l’esclavage ne serait pas rétabli puis, le 15 novembre 1801, une autre déclaration de Bonaparte jurant d’anéantir le gouvernement de noirs établir sur la partie occidentale française ainsi que l’ancienne partie orientale officiellement cédée à la France par l’Espagne, après la guerre.

 

Les idées de la révolution française  de 1789 représentait-elle un danger pour les colons espagnols de la partie de l’est de l’île d’Hispaniola?  Expliquez votre réponse.

La fin de la guerre entre les puissances européennes pouvait-elle entrainer une plus grande occupation de la partie espagnole de l’île préalablement délaissée par la France, pendant un certain temps?  Expliquez votre réponse.

A votre avis, pourquoi les Espagnols essayaient-ils alors de conquérir des terres dans la partie occidentale de l’île pendant toute la période ici décrite?

Dans quelle partie du territoire saint-domingois note-t-on surtout les troupes et alliés des Espagnols?  Citez les villes pour le démontrer.  Y avait-il d’autres puissances étrangères sur le sol de St-Domingue en plus de la France et l’Espagne?  Qu’est qui vous le prouve?

Les espagnols arrivèrent-ils à rallier des chefs de bande et chefs indigènes contre la France?  Lesquels?  Si oui, pendant combien de temps?

La France arriva-t-elle à réintégrer, sous ses rangs, les chefs indigènes dans l’armée coloniale?  Si oui, comment y arriva-t-elle et quand? 

Les intérêts des chefs indigènes correspondaient-ils à ceux de la France?  Qu’est qui vous le montre?

Qui était le principal chef indigène entre 1795 et 1801?  Que prévoyaient de faire Bonaparte et  la métropole française face aux avancées du principal chef  indigène de l’époque?  Spécifiez les plans devant être mis à exécution par Bonaparte à ce sujet. 

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